Il est bien connu que le financement visant la pérennité des réseaux de sentiers, que ce soit pour le vélo de montagne ou la randonnée pédestre, est une affaire complexe, les sources de financement s’adressant principalement aux nouveaux développements. Les crédits carbone semblent depuis peu offrir une nouvelle contribution pouvant combler certains besoins.
Dans le cas des terrains privés, les propriétaires de terrain ont actuellement peu d’incitatifs, afin de modifier leurs pratiques forestières à proximité des sentiers et la perspective d’un don à fins de conservation peut en rebuter plusieurs, qui souhaitent conserver leur droit de propriété.
Existant depuis plus de 10 ans sur différents marchés, le crédits carbone est un nouvel outil pouvant diversifier les revenus des propriétaires de boisés. Le gouvernement du Québec a mis en place son propre marché du carbone, avec la Californie, également reconnu comme le marché réglementé. Un protocole de boisement des friches agricoles a récemment été développé, mais il ne vise pas les forêts naturelles existantes. Sur le marché volontaire, un projet forestier au Québec, le Projet Pivot, donne maintenant accès aux propriétaires de boisés à des nouvelles activités forestières rétribuées.
Le Projet forestier Pivot, conçu par Ecotierra, un développeur et opérateur de projets agroforestiers uniques, holistiques et durables, vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) et à augmenter le stockage de carbone dans la forêt privée québécoise grâce aux crédits carbone. Cette approche permet de générer des nouveaux revenus afin de financer un changement de pratique forestière, qui contribue à maintenir l’expérience des usagers. Tentons de résumer le projet et ses modalités d’accès.
- Pour être éligible, le terrain d’un propriétaire (ou de plusieurs propriétaires de lots contigus, ce qui favorise l’atteinte des objectifs du projet) doit être actuellement exploité pour la récolte forestière commerciale et non déjà protégé (par une entente de conservation, un statut de parc ou autre statut similaire);
- Une analyse du potentiel des terrains visés doit être faite afin de déterminer les potentiel forestiers et financier des crédits carbone
- Des frais d’entrée par hectare sont payés une fois pour couvrir les démarches nécessaires à intégrer le projet;
- Des revenus annuels (pouvant avoisiner les 100$ brut par hectare) sont ensuite dégagés et partagés entre les propriétaires et le gestionnaire du projet (Ecotierra);
- Des vérifications sont effectuées aux 3 ans afin de valider que les engagements sont respectés.
Ce projet novateur représente donc une avenue réelle afin de financer la participation à des efforts de conservation et de mise en valeur à des fins récréatives.
Un bel exemple de cette nouvelle avenue est le Parc des Sommets de Bromont, qui a intégré le projet en 2021 suite à des démarches entamées en 2017: https://www.lavoixdelest.ca/2022/02/09/bromont-pionniere-dans-le-marche-des-credits-carbone-11a77c169592e7d65d8a0017ce2014e7/. Espérons que l’exemple sera suivi par d’autres projets!
Pour davantage d’informations sur le Projet forestier Pivot, ou pour vérifier l’éligibilité de votre projet, contactez Dany Senay, conseiller forestier stratégique chez Ecotierra. Dany est par ailleurs impliqué dans le domaine du vélo de montagne et le projet de la Forêt Hereford, où sont situés les Circuits Frontières, le premier projet d’aménagement de Sentiers Boréals. Définitivement, les Cantons-de-l’Est sont un acteur prépondérant dans l’évolution des pratiques forestières et de plein air!
